Sunday, July 22, 2012

PRESIDENT OUATTARA'S FORCES ATTACKED A REFUGEE CAMP: 58 DIED ACCORDING TO A PARTIAL REPORT

The horror gripped again the west by the will of the killers installed in this part of our country since the outbreak of the Ivorian crisis. Dozos militias and other armed pro-Ouattara forces did not hesitate to set fire to a camp for displaced and kill dozen refugees under the control of UN peacekeeping mission. The partial assessment of this latest killing spree directed against defenseless civilian populations by president Allassane Ouattara's forces, reports of several deaths. This refugee camp sheltered civilians who escaped Ouattara's forces exactions in the post-election crisis. According to local sources, among  the victims are women and children who were either burnt to death or slaughtered with knives or coldly shot dead. A real butchery which recalls the genocide perpetrated in this city, in march 2011 by the armed pro-Ouattara forces. According to human rights organizations which prompted investigations at the scene of that genocide in march of 2011, armed men, fighting on behalf of Ouattara camp, had killed nearly 1,000 Gbagbo supporters, in one day. Even though people responsible for that genocide were formally identified, they were never brought to justice on behalf of an impunity rule that prevails so far in president Allassane Ouattara's camp. On the contrary, Ouattara regime and its external supporters tried to question the credibility of HRW reports which were edifying and consistent about the identity of the perpetrators who were without any doubt, pro-Ouattara forces and militias. The crimes committed yesterday in the refugee camp by president Allassane Ouattara forces come to end the diversion and reveal to the world the ugly face of Ouattara's blood-hunters of the western part of IvoryCoast. Don't we always say that the criminal returns to the crime scene? The international community and the ICC have more than ever sufficient evidence to pin down the perpetrators, sponsors and accomplices of the massacres of civilians in western IvoryCoast.

Monday, June 18, 2012

LA TENTATIVE MONARCHIQUE DU POUVOIR EN AFRIQUE

L’envahissement de l’État par la famille présidentielle constitue un symptôme de la dégénérescence du pouvoir en Afrique. Sitôt élu, le président s’entoure des siens. Sa famille élargie s’installe au palais. Au fil des ans, elle met la main sur les rouages stratégiques de l’économie. Dans la plupart des pays, la collusion entre la famille présidentielle et les milieux d’affaires constitue la source de la corruption officielle qui ronge le pays. La présidence devient le réceptacle des intrigues politiques, le lieu géométrique de toutes les magouilles, le centre occulte où sont monnayées les licences commerciales attribuées à quelques commerçants véreux de la capitale. Exemplaire à cet égard est le cas tunisien. La famille de Leila Trabelsi, seconde épouse du président Zine El Abidine Ben Ali, s’est arrogé les richesses de la Tunisie depuis le milieu des années 1990, usant d’alliances, de corruption et de menaces. En Guinée de Lansana Konté, seul l’ami personnel du président avait l’exclusivité de l’importation des véhicules qu’il surfacturait au gouvernement. Au Sénégal, au Mali et en Côte d’Ivoire, il faut se tourner vers la présidence de la République pour savoir qui est autorisé à importer du riz, du sucre ou de l’huile dans le pays.
Très actifs dans les affaires, les membres de la famille présidentielle ne manquent pourtant pas d’ambitions politiques. Si Houphouët Boigny, Léopold Sédar Senghor et Julius Nyerere ont totalement écarté leurs familles de la gestion des affaires publiques, il en va tout autrement de la génération actuelle. Hosni Moubarak, Mouammar Kadhafi et Abdoulaye Wade avaient clairement affiché leurs désirs d’une succession dynastique. Ils étaient convaincus qu’après eux, le trône devait nécessairement revenir à la progéniture.
Naguère précédé par une solide réputation de gestionnaire rigoureux et intègre, Alassane Ouattara a créé la surprise en Côte d’Ivoire en s’entourant d’une cohorte de soi-disant conseillers et en nommant son propre frère au poste stratégique de financier. Mais ce sont les présidents Eyadéma du Togo et Omar Bongo du Gabon qui ont, à titre posthume, décroché la médaille d’or du népotisme. L’un et l’autre ont préparé, de leur vivant, une succession familiale concoctée dans des élections sur mesure dont l’issue ne faisait aucun doute.
Comme on le voit, le malheur de l’Afrique vient, dans une large mesure, de l’exercice personnalisé du pouvoir et son mode de transmission. La dérive monarchique de nos dirigeants résulte de l’étendue des pouvoirs dont ils disposent seuls, de façon inconditionnée ; les prérogatives grâce auxquelles ils peuvent, s’ils le veulent, échapper à toutes les déterminations.
Dr. Mamadi Keita Babila
Washington, DC, 18 Juin 2012